L'éducation en Afghanistan − Une perspective locale[download the pdf]PAR : Mohib Israr B.A., M.TESOL* La guerre soviétique ainsi que les guerres civiles en Afghanistan ont eu des conséquences néfastes sur le système d'éducation du pays.Au cours des trente dernières années marquées par la guerre, de nombreuses écoles ont été détruites, des livres et des manuels ont été brûlés et la plupart des enseignants diplômés ont fui le pays. Le système d'éducation de l'Afghanistan a été particulièrement mis à mal sous le règne des Talibans de 1996 à la fin de 2001. Les filles n'avaient pas le droit à l'éducation formelle et seuls les garçons fréquentaient l'école. Le programme scolaire était toutefois axé sur les études religieuses plutôt que sur les sciences, la technologie, la littérature, etc. Programme et enseignementLe programme enseigné dans presque toutes les écoles en milieu rural et dans nombres d'écoles secondaires en milieu urbain a été élaboré il y a 30 ans. Les changements se font attendre puisque peu d'organismes participent activement à la conception de programmes et de manuels. Le programme des écoles secondaires comprend des matières comme l'anglais, le pachto, le dari, la géographie, la physique, la chimie, la biologie, l'histoire, les études religieuses ainsi que les mathématiques et l'algèbre. Même si les sciences sont enseignées en Afghanistan, seulement 5 % des écoles secondaires sont équipées de laboratoire de sciences pour leurs élèves. En outre, un nombre infime d'écoles secondaires disposent d'outils technologiques (ordinateur ou accès à Internet). [Note de l'éditeur : un laboratoire informatique avec accès à Internet sera installé dans la nouvelle école construite par le Rotary.] Les élèves fréquentent habituellement l'école six jours par semaine, du samedi au jeudi, de 8 h à midi. [Note de l'éditeur : à l'école parrainée par le Rotary, les élèves fréquenteront l'école selon trois horaires, les garçons et les filles ayant des horaires différents.] De l'école primaire jusqu'à l'université, l'enseignement centré sur l'enseignant est la méthode la plus courante en Afghanistan. Le climat est souvent tendu en classe, et l'autorité des enseignants comme décideurs et leaders est généralement reconnue. La punition est toujours pratiquée dans le système d'éducation afghan actuel. Les pratiques d'apprentissage social comme le travail en groupe, l'apprentissage par activités et d'autres méthodes utiles ne sont pas utilisées dans le cadre de l'enseignement. Les écoles secondaires afghanes offrent très peu d'activités divertissantes aux élèves. L'absence de terrains de jeu et la sévérité des enseignants amènent de nombreux élèves à abandonner leurs études chaque année. Bâtiments scolairesLes bâtiments scolaires sont faits de briques, de ciment et de boue. Dans de nombreuses écoles, les cours sont donnés dans des tentes, des huttes, voire à l'extérieur, dans des endroits ombragés. Dans les villes, les écoles sont faites de béton et sont en assez bon état. Toutefois, en raison du retour de milliers de personnes qui s'étaient réfugiées dans les pays avoisinants et de l'intérêt toujours croissant envers l'éducation, de nombreuses écoles n'ont pas assez de salles de classe pour répondre à la demande. Par conséquent, le nombre d'élèves dans les classes est passé de 30 à 50. Dans de nombreuses écoles secondaires urbaines, les cours sont donnés sous les arbres et sur des vérandas. Par ailleurs, dans les régions rurales, les écoles sont en mauvais état et ne suffisent pas à la demande. Les enfants doivent donc parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre à l'école. La plupart des écoles annulent les cours lorsqu'il vente beaucoup ou qu'il pleut. Tant dans les zones rurales que dans les zones urbaines, les bâtiments scolaires ne sont pas équipés de chaises ou de tables pour les élèves. Pour travailler, ils doivent souvent s'asseoir sur des bâches et des feuilles faites de paille et de plastique. En raison du nombre élevé d'élèves dans chacune des classes et de l'exposition aux éléments, les élèves sont souvent malades, et les maladies épidémiques se propagent facilement. Comme il n'y a ni système de climatisation ni système de chauffage, les élèves tombent souvent malades en été comme en hiver. Les villes ont pu profiter récemment de la construction de quelques écoles par le gouvernement et d'autres organismes, comme Rotary Canada. Ces toutes nouvelles écoles offrent non seulement des salles de classe au climat détendu mais aussi des toilettes, des terrains de jeu et de l'eau potable. Ces installations ont un effet direct sur les conditions d'apprentissage et l'état de santé des élèves. Les photos incluses dans ce document illustrent l'état de notre école avant et après l'aide reçue de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et de Rotary Canada. J'ai visité cette école en mai 2009 alors qu'on commençait à peine à envisager la possibilité de construire un bâtiment pour les élèves. Lorsque je l'ai visité pour la première fois pour prendre des photos des élèves et rédiger un bref rapport pour le Rotary, j'ai parlé de l'éventuelle construction d'une nouvelle école aux enseignants et au directeur de l'école. Ils ont tous cru alors qu'il s'agissait d'une autre promesse sans lendemain, à l'instar de toutes celles qui leur ont été faites par diverses ONG (organisations non gouvernementales). Toutefois, animés par une lueur d'espoir, ils nous ont offert leur entière collaboration. Deux ans plus tard, les élèves et les enseignants ont vu leur rêve se réaliser, et contrairement à des millions d'autres élèves afghans, ils peuvent profiter d'un bâtiment offrant toutes les commodités. La construction d'écoles en Afghanistan établira des ponts entre les Canadiens et les Afghans. Elle permettra aussi à des filles et des garçons de devenir des membres actifs et respectueux de leur collectivité locale et du monde.
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Les écoles de l'amitie

